Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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Patience, patience dans l'azur...

Publié le samedi 27 juin 2009

Je reviens bientôt, après quelques mois de silence, mais pas d'inaction...

En attendant, il se passe aussi des choses là...

Cette vision de la vie : de Darwin au développement durable

Publié le dimanche 15 mars 2009

Il y a 200 ans naissait Charles DARWIN, l'auteur d'un des ouvrages fondateurs de la science moderne : "L'origine des espèces". Son œuvre scientifique nous a légué une nouvelle vision du monde : Celle d'un monde en mouvement, où le changement est la règle, et où les espèces vivantes évoluent sans cesse, descendant toutes, l'homme compris, d'un très lointain ancêtre commun. Charles DARWIN fut peut être alors, sans forcément en avoir pleinement conscience, le premier écologiste : si nous avons une origine commune avec l'ensemble des espèces vivantes, nous pourrions alors bien avoir aussi une communauté de destin avec elles.

Pour rendre hommage à Charles Darwin et à cette nouvelle "vision de la vie" qu'il nous à légué, INSPIRE organise, en partenariat avec le Muséum d'Histoire Naturelle de Marseille et la Ville de Marseille, une manifestation qui aura lieu pendant la semaine du développement durable, du 1er au 8 avril 2009, au Palais Longchamp.

Cette manifestation se composera d'une exposition, au Muséum d'Histoire Naturelle de Marseille, Palais Longchamp, présentant et illustrant la pensée et l'œuvre scientifique de Charles Darwin, replacée dans le contexte de l'époque et faisant le lien avec les enjeux du développement durable aujourd'hui et de conférences / débats programmées en semaine pour les scolaires et le week-end pour le grand public.

Le samedi 4 avril, de 15h30 à 17h00, au Muséum d'Histoire Naturelle de Marseille, Palais Longchamp, un débat réunira le spécialiste de l'évolution Pierre-Henri GOUYON, le paléontologue Jacques TASSY et Marc Del CORSO, responsable d'un projet de restauration des salins de Fos, fera le point sur les apports de la théorie de l'évolution dans l'écologie moderne pour une approche dynamique de la gestion du patrimoine naturel.

Le dimanche 5 avril, de 15h30 à 17h00, au Muséum d'Histoire Naturelle de Marseille, Palais Longchamp, une table ronde permettra de découvrir et de débattre, avec la rédactrice spécialisée Isabelle DELANNOY, la directrice de l'association "Terre - Mer" Isabelle POITOU, Anne COUDERC, directrice des "Toiles du Larges" et la navigatrice Catherine CHABAUD, des nouveaux modes de consommation responsable : de la table aux loisirs, jusqu'au tourisme responsable et solidaire.

Le mercredi 8 avril, de 16h00 à 18h00, l'astrophysicien Hubert REEVES, donnera dans l'auditorium de l'Alcazar une conférence exceptionnelle sur le thème : "Des étoiles et des hommes, de l'astronomie à l'écologie.

Le mercredi 8 avril, de 18h30 à 21h00, au Muséum d'Histoire Naturelle de Marseille, Palais Longchamp, nous débattrons avec le paléoanthropologue Pascal PICQ, l'écologue Jacques BLONDEL, Jacques FAUDIN, chef d'entreprise et Laurent ROY, représentant le ministère du développement durable en région, des nouveaux modes de production et de l'opportunité d'une relance par un « green new deal ».

Pendant toute la semaine, une installation scénographique, "la Spirale du vivant", sera déployée à l'extérieur, devant le Palais Longchamp. Elle servira d'emblème à cette manifestation et sera un espace ludique pour découvrir l'histoire du vivant et l'impact de l'irruption de l'humanité sur les écosystèmes. Cette installation éco-conçue sera réalisée en matériaux recyclés, et évoquera par son habillage les formes et les textures du vivant.

Cette manifestation est labellisée :

Semaine du développement durable 2009
Année Darwin 2009
"Coup de coeur 2009" de la Fondation Nicolas Hulot

Plus de détail sur le programme sur le site : www.inspire-institut.org

Le nombre de places étant limité, il est recommandé de s'inscrire.

Bling bling...

Publié le mercredi 18 février 2009

Qu'est-ce qu'une vie réussie ? Certains ont leur idée. Jacques Seguela, lui, a une idée très précise de la question :

"Comment peut-on reprocher à un président d'avoir une Rolex ? Une Rolex... enfin, mais tout le monde à une Rolex ! Si, à 50 ans, on n'a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie."

En dehors de l'aspect quantitatif - nous serions nombreux à avoir raté ainsi notre vie - il reste possible de s'interroger sur la pertinence du critère...

Faut-il installer un délit de grande bêtise ? Avec une amende forfaitaire et l'obligation de suivre un stage en cas de récidive ? Ce serait peut être un bon moyen de financer la relance. Mais n'y pensons plus. C'est peine perdue... J'aurais tant aimé en rire. Mais je n'y parviens pas.

Green New Deal : Un défi à relever. Nous le devons. Nous le pouvons !

Publié le mardi 17 février 2009

Un communiqué de presse de la Ligue ROC

Alors que le PNUE tient son Conseil d'Administration et préconise un « Green new deal », la Ligue ROC, présente à Nairobi, affirme que la relance, plus que nécessaire, offre l'opportunité de considérer enfin la biodiversité pour ce qu'elle est vraiment : le socle indispensable du développement, de l'économie, de l'emploi et donc du bien-être humain dans le présent et le futur.

A condition de ne pas choisir entre le vivant et l'économie, entre la sauvegarde de l'environnement et la création d'emplois, mais de savoir saisir l'occasion offerte d'amorcer le nécessaire virage stratégique vers une économie plus sobre en ressources naturelles et davantage pourvoyeuse d'emplois.

Si "relance" voulait dire plus de consommation de ressources, plus d'émissions de CO2, plus de pollutions, de déchets, de barrières écologiques, de milieux naturels détruits et d'espèces sacrifiées, ce serait saper les bases du développement, qui ne serait alors plus durable, et préparer un autre crise, plus grave, plus dure et plus profonde encore.

Si "relance" veut dire investir dans des technologies sobres en énergies et en ressources, améliorer l'efficacité énergétique et optimiser l'usage des bâtiments et infrastructures existantes, encourager les modèles économiques innovants permettant de consommer moins de ressources naturelles, mobiliser des emplois pour une gestion de la biodiversité, pour des activités économiques respectueuses de la biodiversité, ou mieux, mettant en valeur les services écologiques, alors là, oui, nous avancerons vers ce nouveau développement économique et écologique soutenable. L'enjeu n'est plus la croissance du PIB, qui compte création et destruction à la même aune, mais bien la croissance du bien-être humain, dans un monde vivant riche de ses capacités d'évolution et de sa biodiversité.

Il s'agit de faire des choix. Les bons ! Oui, les marchés doivent être orientés, l'économie reconvertie, certains secteurs ayant déjà amorcé un déclin inexorable. Mais d'autres ne demandent qu'à se développer, et créer des emplois par dizaines de milliers : aménager les villes pour les rendre plus durables, les « renaturer », aménager les infrastructures écologiques de demain, notamment à travers la mise en oeuvre de la trame verte et bleue, développer les emplois de l'écologie industrielle, s'inspirer de la nature, par le biomimétisme, et innover durablement.

S'il faut de nouvelles infrastructures, elles devront être conçues et réalisées en respectant les habitats et les continuités écologiques. Cette nouvelle ingénierie, ces nouvelles techniques créeront elles aussi des emplois. L'agriculture doit dès maintenant se préparer au pétrole cher. Elle emploiera plus d'hommes et travaillera avec les écosystèmes, tout en utilisant moins de machines coûteuses et d'intrants, aux effets souvent ravageurs pour les fragiles équilibres des sols.

Les règles comptables publiques doivent prendre en compte l'état des ressources naturelles et des écosystèmes afin d'évaluer de façon plus pertinente les politiques publiques en regard des enjeux du développement durable. Les incitations publiques, dont la fiscalité, seront des instruments incontournables de cette transformation de l'économie. Elle doit progressivement peser plus sur l'énergie, les matières premières et les ressources naturelles, et moins sur le capital et le travail, afin de mobiliser les capitaux vers les innovations et les investissements nécessaires, et favoriser la création d'emplois dans tous les secteurs.

Préparer l'avenir ne signifie pas sacrifier le présent. Allier dans notre réflexion le court et le long terme permet de saisir les véritables opportunités et de redonner confiance aux acteurs économiques, des producteurs aux consommateurs.

Contact presse :
Emmanuel Delannoy - 06 83 55 66 25 - e.delannoy@biodiversite2012.org
Sites Ligue ROC et Biodiversite 2012

Espèce d'espèce

Publié le vendredi 13 février 2009

Juste une note pour vous signaler que le remarquable documentaire "Espèce d'espèce", diffusé lundi dernier à 20h30 sur France 5, sera rediffusé le mardi 17 février à 1:05. Si vous n'êtes pas insomniaques, calez vos magnétoscopes.

Ce documentaire est si bien fait, si pétillant d'intelligence et d'humour qu'on dirait un documentaire de la BBC. Mais non, il est bien de chez nous ! Il reprend l'idée du livre de Richard Dawkins, "A la rencontre de nos ancêtres", en proposant un tonifiant et très éclairant voyage en remontant l'arbre du vivant vers notre ancêtre commun le plus ancien (et qui demeure bien mystérieux), j'ai nommé LUCA (Last Universal Common Ancestor). Solide scientifiquement, présenté avec talent et humour, remarquablement illustré et rythmé, ce documentaire vous propose de découvrir le vivant comme vous ne l'avez jamais vu. La systématique, discipline a priori austère, prend ici un autre sens et une toute nouvelle perspective.

Plus d'info sur le Wiki de France 5 :
http://wiki.france5.fr/index.php/ESPECES_D'ESPECES

"Cette vision de la vie" : de Darwin au développement durable

Publié le jeudi 12 février 2009

« Il y a de la grandeur dans cette vision de la vie, et tandis que notre planète ne cesse, depuis l'origine, de tourner sur son orbite, obéissant à la loi fixe de la gravitation, de très belles et de très merveilleuses formes vivantes, issues d'un commencement tout à fait simple, sont apparues et continuent sans fin d'apparaître par évolution »

Charles Darwin, L'origine des espèces

Il y a 200 ans, ce jeudi 12 février, naissait Charles Darwin, l'auteur d'un des ouvrages fondateurs de la science moderne : "L'origine des espèces". Son oeuvre scientifique nous a légué une nouvelle vision du monde : Celle d'un monde en mouvement, où le changement est la règle, et où les espèces vivantes évoluent sans cesse, descendant toutes, l'homme compris, d'un très lointain ancètre commun. Cette vision nouvelle d'une origine commune avec tout ce qui vit sur terre replace, de fait, l'humanité au sein de la biosphère, et introduit un concept radicalement novateur pour l'époque : Si toutes les espèces vivantes sont issues d'un même ancètre commun, il n'y pas pas de rupture, mais un continuum évolutif entre l'homme, ses ancètres, et ses cousins dans l'abre du vivant.

Deux siècles après la naissance de l'auteur de "l'origine", l'humanité commence à peine à tirer les vraies conclusions qui s'imposent, et découlent "naturellement" des enseignements de l'évolution : Si nous avons une origine commune avec l'ensemble des êtres vivants, nous pourrions bien avoir aussi une communauté de destin avec les espèces qui nous accompagnent, et forment avec nous la biosphère contemporaine. Et ce alors que, par notre impact sur l'environnement et les écosystèmes, nous sommes devenus nous mêmes un acteur majeur de l'évolution, et la cause principale de ce qui semble bien être la sixième grande crise d'extinction de l'histoire du vivant.

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Métaphores

Publié le jeudi 5 février 2009

Parler de biodiversité à un public non spécialiste, c'est souvent un véritable défi. Surtout si des contraintes de temps viennent ajouter à la difficulté. L'emploi de métaphores, plus ou moins puissantes, plus ou moins pertinentes, s'impose alors bien souvent. Sans chercher à être exhaustif, en voici quelques unes. N'hésitez pas à compléter, en commentaire de ce billet, si le cœur vous en dit !

La chaine :
Le vivant peut être considéré comme une chaine : Chaque maillon est indispensable à la solidité de la chaîne, et la défaillance d'un seul maillon suffit à rompre la chaîne.

Les dominos :
La biodiversité ressemble à ces jeux de dominos, ou la chute de l'un entraine la chute d'un autre, et en cascade c'est l'ensemble de l'édifice qui s'écroule. (Variante : le jeu de carte, métaphore encore plus parlante pour ceux qui voient l'humanité au sommet du jeu de carte. Si la base s'écroule, nous chutons d'autant plus haut !)

Moins linéaire, moins déterministe et donc plus pertinente, la métaphore du jeu de mikado :
Chaque bâton du jeu représente une espèce. Il est possible, surtout en début de partie, de retirer précautionneusement un ou quelques bâtons du jeu. Mais plus on avance dans la partie, plus les effets d'un retrait sont imprévisibles. Et c'est là qu'un effondrement de l'édifice devient possible. Une extinction entraînant en cascade la disparitions de nombreuses espèces. Et ce bâton, là, qui vient de tomber ? Pas de chance, c'était l'homme...

L'avion :
Prenez un avion en vol, embarquant un mécano fou qui enlèverait, au hasard, un boulon de temps en temps, l'un après l'autre. Au début, cela ne se ressent pas trop. Peut être, au bout d'un moment, apparaitrons quelques bruits ou vibrations indésirables. Et soudain, sans qu'on puisse aucunement prédire quand, il y aura le boulon de trop, celui dont le retrait entraînera la chute brutale de l'avion.

Le foot :
La biodiversité, c'est comme le foot : Il faut de bons joueurs, et il faut que le ballon circule. Il faut des espèces, variées, chacune à son poste (sa niche écologique), mais ce sont surtout les échanges et les interactions entre les espèces qui font la richesse de la partie.

Le concours est ouvert !

Emploi, économie : saisir la relance, là où elle est

Publié le dimanche 1 février 2009

En ces temps où il est question de relancer l'économie, alors que tous les indicateurs sont "dans le rouge" et que de nombreux emplois, notamment industriels, sont menacés, il est sans doute utile d'éclairer certaines pistes prometteuses.

Non, sauvegarde du patrimoine naturel et création d'emplois, y compris industriels ou agricoles, ne sont pas incompatibles. Non, les délocalisations ne sont pas systématiquement une mauvaise chose, mais c'est aux raisons réelles des délocalisations et à leurs conséquences, ici et ailleurs, qu'il conviendrait de s'intéresser. Oui, nous ne sommes pas tous égaux face aux conséquences de la crise, et notre économie tertiarisée à outrance laisse ici de nombreux laissés pour compte. Mais de nouveaux emplois dits « verts » offrent, dès aujourd'hui, des perspectives intéressantes qui ne demandent qu'à être consolidées. Il y a là une véritable opportunité à saisir. Et ce, d'autant plus qu'il y a urgence à redonner confiance en l'avenir à une population dont le moral est au plus bas, et à une jeunesse qui se demande en quelles perspective elle pourrait bien aujourd'hui croire.

Lire la suite sur le site d'INSPIRE...

Nous y sommes

Publié le vendredi 16 janvier 2009

par Fred Vargas

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé destennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre,déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, - attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille - récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

Source : ici !

Sorties de crise

Publié le jeudi 1 janvier 2009

Bonne année !

A en croire les experts autorisés, 2009 sera une année épouvantable. Les faillites d'entreprises, notamment des PME, s'accumuleront. Le chômage retrouvera les sommets qu'il avait quelque peu délaissé ces dernières années. La dette de l'état enflera, sous l'effet d'un déficit qui continuera à se creuser. Avec tout ça, la solidarité intergénérationnelle et l'écologie passeront au second plan, voire pire, des préoccupations des consommateurs, des décideurs économiques et des représentants du peuple...

Alors, 2009 est-elle condamnée par avance à être cette "annus horribilis" que tout le monde annonce ? Et si ce n'était, comme souvent, qu'une question de regard ? Et si 2008 et les années qui l'ont précédé n'étaient pas plutôt ces "années horribles", les dernières d'un aveuglement collectif, le chant du cygne d'un modèle de développement obsolète, fondé sur la consommation irréfrénée de ressources fossiles, sur la prédation du vivant et l'ultra compétition entre les hommes ? Il ne tiendrait alors qu'à nous de faire que 2009 soit cette année de la bascule, celle où les impulsions décisives seraient données pour, enfin, réconcilier l'humanité avec elle même et avec son environnement naturel.

"Nous ne connaissons pas l'avenir, mais nous pouvons l'inventer", disait Einstein, à qui l'on prête beaucoup, il est vrai. C'est exactement cet état d'esprit qui m'anime, comme il anime les adhérents et bénévoles d'INSPIRE. Nous sommes convaincus que nous avons aujourd'hui les éléments d'information qui nous permettront de faire des choix éclairés, et que nous avons à notre disposition les savoirs et les technologies nécessaires à un renversement des tendances. Tendances destructrices dans lesquelles nous nous étions, souvent involontairement et parfois pour les meilleures raisons du monde, enfermés. Les possibles désirables sont là, à portée de main. Il y aura certes des efforts à faire. Mais la situation de crise dans laquelle nous nous trouvons nous y contraint, forcément. Autant donc faire en sorte que ces efforts soient bien orientés, et qu'ils fassent l'objet de choix conscients et partagés.

La crise actuelle est d'une autre nature que celles que nous avons connues jusqu'ici. Il y aura un avant et un après. Il y a bien sûr plus d'un scénario de sortie de crise possible. L'un d'entre eux consisterait à s'accrocher aux vieilles recettes, pour tenter de restaurer une situation que nous avons déjà connue. Cela semble rassurant à première vue, mais cette attitude n'aurait pour seul effet que de recréer les conditions qui ont permis à la crise d'apparaître. D'autres scénarios de sortie de crise sont possibles, qui permettront de repenser les modèles de création et de partage des richesses, et de replacer l'humanité et son bien être au cœur de la biosphère, pour un développement pérenne et harmonieux.

Ce sont ces scénarios là que je vous proposerai avec INSPIRE, tout au long de cette année, et que nous mettrons en œuvre, ensemble.

Bonne année à vous.

Supercapitalisme

Publié le mercredi 31 décembre 2008

Fin connaisseur de l'histoire sociale et économique des Etats-Unis, Robert Reich a été secrétaire à l'emploi durant la présidence de Bill Clinton. Il est ce qu'on appelle sur cette rive là de l'Atlantique un liberal, c'est à dire un homme qui croit, comme (presque) tout le monde là bas, aux vertus du capitalisme et du marché comme outils de création de richesse pour la société, tout en souhaitant la mise en place de garde-fous afin de limiter les inégalités sociales. Dans Supercapitalisme, il dresse un diagnostic de l'état de la démocratie américaine, constate la dérive des continents économiques et sociaux, et n'hésite pas à bousculer quelques idées reçues pour proposer ensuite des solutions inattendues, parfois radicales.

Le diagnostic tient en quelques constats : S'il y a eu un temps où le capitalisme, en tant qu'outil économique, servait le progrès de la société démocratique dans son ensemble, et où démocratie et capitalisme étaient indissociables et se renforçaient mutuellement, ce temps semble aujourd'hui révolu. Selon lui, si la démocratie a encore besoin du capitalisme, la réciproque n'est plus vraie, comme l'émergence de systèmes capitalistes autoritaires, en Chine notamment, semble le démontrer. Selon Robert Reich, nous sommes sortis de l'ère du capitalisme démocratique, en vigueur de l'après guerre à la fin des années soixante dix, pour entrer dans le supercapitalisme, caractérisé par une abondance sur le plan de l'offre, une large ouverture des marchés aux nouveaux entrants, et donc une concurrence débridée pour attirer consommateurs et investisseurs.

Nous sommes tous à la fois des citoyens et des consommateurs. Beaucoup d'entre nous, par l'entremise de notre épargne, sont aussi devenus des investisseurs. Les consommateurs et investisseurs que nous sommes sont les grands gagnants du supercapitalisme. Nous avons un choix quasi illimité de produits et de services, plus abondant et performants que jamais, à des coûts qui les rendent accessibles au plus grand nombre. En tant qu'investisseurs, nous pouvons placer notre argent, et le déplacer, comme bon nous semble, à des taux qui n'avaient pas court lors de la période précédente. Cette grande volatilité des marchés a créé en retour une course effrénée pour attirer les consommateurs, notamment en tirant les prix vers le bas, et les investisseurs, en recherchant des taux de rentabilités de 12 à 15%, là ou les actionnaires de l'âge "pas tout à fait d'or" se contentaient de rendements à un chiffre.

Mais, ce que nous avons gagné en tant que consommateurs ou investisseur, nous l'avons perdu en tant que citoyens. La course aux prix les plus bas, en même temps qu'aux rentabilités les plus élevées, implique une recherche incessante de gains de productivité, qui entraîne délocalisations, destructions d'emplois, pertes de revenu ou de stabilité pour les salariés, et dégradations de l'environnement. Les PDG les plus performants, ceux qui peuvent, pendant une période limitée au moins, promettre des taux de rentabilité élevés, sont courtisés par les conseils d'administration comme le sont les stars du football ou les artistes du showbiz, d'où les revenus astronomiques, retraites chapeau et parachutes dorés que certains se voient proposer. Les conditions de concurrence sont devenues telles que s'assurer un avantage concurrentiel et une situation favorable est devenu vital pour les entreprises, et ce par tous les moyens légaux, quitte à faire changer la loi s'il le faut. Le nombre de lobbyistes et d'avocats représentant les intérêts des grandes entreprises à Washington (mais aussi à Bruxelles), a explosé. Les grandes entreprises font les lois qui les arrangent, et défont celles qui les desservent. Il est par ailleurs facile, et généralisé, de s'attirer les bonnes grâces des sénateurs et membres du congrès en finançant, directement ou indirectement leurs campagnes électorales. Dans ce contexte, la voix des citoyens est devenue inaudible, et l'évolution du corpus réglementaire n'a plus grand chose à voir avec l'intérêt général. De temps en temps, certains sénateurs ou membres du congrès élèvent la voix, pour dénoncer les injustices sociales, les dégâts infligés à l'environnement ou encore l'invasion de la violence ou de la pornographie dans les médias ou sur internet. Mais ces brèves rodomontades ne servent qu'à s'attirer les bonnes grâces d'un électorat populaire ou conservateur, tout en masquant leur incapacité généralisée à reprendre la main sur le système.

Le consommateur américain moyen est ravi de faire des bonnes affaires chez Wall Mart, qui casse certes les prix mais aussi les syndicats et les salaires, tout en détruisant les petits commerces de centre ville, ce qu'il désapprouve, en tant que citoyen. L'épargnant moyen est ravi des bons rendements de ses placements, mais en tant que citoyen il déplore les dégâts que les activités des compagnies minières ou pétrolières, dont il détient des actions via son plan d'épargne retraite, infligent à l'environnement.

Face à ce constat, comment faire pour redonner du souffle et de l'élan à la démocratie ? Comment résoudre ces dilemmes, sans revenir en arrière ni perdre tout ce que nous avons gagné par ailleurs ? Pour permettre à nouveau l'initiative politique et rendre audible la voix des citoyens, sans limiter la liberté d'entreprendre, Robert Reich propose d'instaurer des cloisons étanches entre le système économique et le système démocratique.

Mais au passage, et c'est l'un des chapitres les plus déroutant du livre, il démonte ce qu'il appelle le mythe de la responsabilité sociale des entreprises (La RSE) auquel il ne croit pas, mais alors pas du tout. Si une entreprise peut être conduite à entreprendre une action qui serait favorable à l'intérêt général, par exemple en accordant des plans de formation ou une assurance santé à ses salariés, ou en agissant pour préserver l'environnement, c'est qu'elle y trouve un intérêt financier. Dans le cas contraire, elle serait impitoyablement sanctionnée par ses actionnaires, qui iraient tout simplement placer leur argent ailleurs, ou par les clients qui achèteront le même produit moins cher chez un autre fournisseur, si l'engagement "citoyen" de l'entreprise avait pour effet d'augmenter, ne serait-ce que légèrement, ses prix. L'exemple de Yahoo, qui a accepté de dénoncer des dissidents aux autorités chinoises, est à ce titre très éclairant. Yahoo pouvait-elle refuser ? Au risque d'être exclue du marché chinois, qui a la plus forte croissance mondiale, et d'y laisser ses concurrents s'y engouffrer ? La sanction des marché aurait été immédiate et le cours se serait effondré, même si les épargnants et les gestionnaires de fonds désapprouvaient, en tant que citoyens, cette dénonciation. La démonstration est cinglante : Une entreprise ne peut pas arbitrer un jugement moral. Ce n'est ni dans ses capacités, ni dans sa mission. L'entreprise n'est pas un être organique. Elle n'est qu'un outil, un formidable outil pour créer de la richesse, constitué d'un empilement de contrats permettant un fragile équilibre entre les intérêts divergents des actionnaires, des clients, des salariés et des dirigeants. Le tout encadré par la loi. (Spinoza écrivait : "Plutôt que d'éspérer une hypothétique amélioration de l'espèce humaine, mieux vaut compter sur la loi", ce qui s'applique avec autant de justesse, sinon plus encore, à l'entreprise). En résumé, l'entreprise n'a qu'une seule responsabilité, celle de créer de la valeur pour l'actionnaire, en recherchant la satisfaction de ses clients.

Pour instaurer cette "cloison étanche" visant à préserver à la fois les intérêts économiques et ceux des citoyens, Robert Reich propose par exemple d'interdire aux entreprises de financer des campagnes électorales ni de faire de dons de quelque nature que ce soit à des mouvements politiques. Il propose aussi d'interdire aux entreprises de chercher à influencer en quoi que ce soit le processus législatif, ou d'agir en justice contre l'état. Ces mesures pourraient sembler radicales, mais ce n'est rien en regard de la dernière : Il propose purement et simplement de retirer aux entreprises le statut de personne morale (ce qu'elles ne sont d'ailleurs pas, comme démontré juste avant). Il propose aussi de supprimer l'impôt sur les sociétés (puisqu'un principe constitutionnel aux Etats-Unis énonce, d'ailleurs très sainement, qu'il ne peut y avoir de contribution sans représentation). L'entreprise n'ayant plus ce statut de personne morale, elle ne pourrait plus ester en justice, ni même être attaquée, ce qui éviterait à l'avenir la destruction plus au moins totales d'entreprises et la perte de plusieurs milliers d'emploi, du fait des agissements de quelques personnes seulement, comme ce fut le cas pour le Cabinet Arthur Andersen, condamné suite à l'affaire ENRON. La plupart des salariés d'Arthur Andersen qui ont perdu leur emploi n'avaient rien à voir avec ENRON et faisaient leur travail tout à fait honnêtement.

Cette mesure serait neutre sur le plan fiscal : elle serait compensé par une fiscalité sur les revenus du capital pour les actionnaires. Elle n'instaurerait pas plus un état de déresponsabilisation juridique généralisé : la capacité d'ester en justice serait reportée sur les dirigeants et les actionnaires. Par exemple, lorsque les constructeurs automobiles ont contesté les projets de lois de l'état de Californie visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre, elles ont entraîné avec elles l'ensemble de leurs porteurs de parts, que ces derniers partagent ou non, en tant que citoyen, cette décision. En refusant aux entreprises le droit de contester les lois, rien n'empêcherait les actionnaires s'estimant lésés de contester ces mêmes lois, par exemple dans le cadre de "class actions". Mais ils s'agirait alors de choix éclairés de leur part, et non d'un choix par défaut.

Le supercapitalisme concerne au premier plan les Etats-Unis, mais toutes les démocraties sont concernées. C'est une tendance de fond, que rien ne semble en mesure de limiter efficacement jusqu'à présent. Bien sûr, ce livre a été écrit juste avant la crise financière et l'élection de Barack Obama, et il est encore trop tôt pour savoir dans quelle mesure ces deux événements influenceront la tendance. Mais il est vraisemblable que, sans réappropriation de la démocratie par les citoyens, les vieilles recettes reprennent ici comme là bas le dessus.

La croissance sans consommation ?

Publié le jeudi 11 décembre 2008

Ou les états d'âme d'un capitaine d'industrie, face aux limitations physiques des ressources naturelles... Toute ressemblance avec une situation réelle ne doit bien sûr rien au hasard.

Un texte débridé et impertinent, que j'ai eu le plaisir d'écrire il y a quelques mois avec Dominique Bourg et Alan Fustec.

A découvrir sur le site d'INSPIRE, en cliquant ici.

Le déni de l'évidence

Publié le mercredi 3 décembre 2008

Les messages les plus ardus passent parfois tellement mieux avec un peu d'inventivité et d'humour.

Eux nous parlent du déni, du "nous savons mais nous ne voulons pas croire", en musique, et avec juste une pointe d'accent québécois.

A voir et à écouter : Mes aïeux - "''Le déni de l'évidence''", en cliquant ici...

Aime, le reste suivra

Publié le mercredi 3 décembre 2008

Comment ne pas être touché par ce très beau portrait de Loumia Hiridjee, dont l'engagement a été brutalement interrompu lors des attentas de Bombay.

Sa devise personnelle était : "Aime, le reste suivra".

L'amour et la haine, réunis par le hasard par un restaurant de Bombay. La grande asymétrie. Oublier la haine, se souvenir de l'amour.

Le site d'INSPIRE fait peau neuve

Publié le dimanche 30 novembre 2008

Le nouveau site d'INSPIRE est en ligne, à l'adresse : www.inspire-institut.org

Il sera appelé à évoluer rapidement dans les semaines qui viennent.

L'ancien reste en ligne le temps que l'ensemble des articles aient été repris, mais il ne sera plus mis à jour.