Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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La vie des autres...

Publié le dimanche 18 octobre 2009

Traduction librement adaptée d’une lettre lue en anglais ici

Cher Monsieur,

Nous nous sommes rencontré cet après midi, dans les quartiers sud de la ville. J’étais à vélo, sous la pluie, et vous conduisiez ce 4x4 Audi bleu, me serrant par l’arrière, klaxonnant, essayant de me faire sortir de la piste cyclable avant de me doubler en me serrant, pour finalement me faire une queue de poisson en tournant à droite.

Vous avez refusé de baisser votre vitre pour m’adresser la parole après cet incident, m’obligeant à crier : « votre comportement est inadmissible, vous êtes hors la loi ! », à travers votre vitre ruisselante, avant de repartir au plus vite. Et, effectivement, ce que vous avez fait est contraire à la loi – tant à celles qui régissent le code de la route qu’à celles, non écrites, qui prescrivent un minimum de décence dans les relations entre humains. Mais ce que j’avais à vous dire est à la fois moins accusateur, et beaucoup plus important. Voici ce que j’aurais aimé avoir le temps de vous dire :

Je suis bien placé pour savoir que les pistes cyclables ne sont qu’un compromis imparfait. Vous aurez peut être du mal à le croire, mais les cyclistes n’aiment pas plus partager la route avec les voitures que vous avec eux. Si j’avais le choix entre respirer vos gaz d’échappement et pédaler tranquillement sur une jolie route forestière, je choisirai sans hésiter la seconde option.

Je suis bien conscient, par ailleurs, que la présence de cyclistes sur des routes encombrées peut rendre la conduite d'une voiture encore plus rude pour les nerfs, et je déplore au passage que certains des nôtres surcompensent leur faiblesse relative en désobéissant aux règles du codes de la route, en ne respectant pas les feux, et en agissant d’une manière générale comme s’ils étaient propriétaires de la route (ce n’est pas le comportement que j’ai choisi personnellement, mais c’est de toute façon un point accessoire pour ce que j’ai à vous dire). Dans une certaine mesure, toute relative, je peux comprendre votre énervement. Après tout, j’ai moi aussi une voiture, même si je n’en suis pas particulièrement fier et si j’évite au maximum de l’utiliser en ville.

Mais voilà, tous les cyclistes ne sont pas à Amsterdam, et il faudra bien vous faire à l’idée de partager la route. Car le fait est là : Vous êtes dans une voiture. Moi pas. Vous êtes protégé des chocs par des airbags, des pare-chocs, une carrosserie en acier. Moi pas. Vous pilotez une masse d’une tonne et demi d’acier. Je pilote quelque chose qui pèse en tout et pour tout le poids d’un chien, et encore, pas un bien gros…

Et si votre énervement venait à gagner d’un cran, et que vous souhaitiez engager le combat avec moi, il ne fait aucun doute que vous gagneriez.

Vous vaincrez, et, selon toute vraisemblance, je serais mort.

Voilà ce que je tenais à vous dire : vous n’aimez peut être pas les cyclistes, tant pis. Mais vous avez une responsabilité en tant qu’être humain vis à vis des autres êtres humains. Et je ne cesse pas d’être humain dès que je m’élance sur mon vélo. Je suis la femme de quelqu’un, la sœur de quelqu’un, la fille de quelqu’un, et peut être la mère d’un jeune enfant.

Et si vous avez vous même – une épouse, une fille, une mère – s’il vous plait : pensez à elles, et imaginez…

Imaginez que vous êtes en route pour un déjeuner avec votre épouse. Imaginez que vous attendez à la maison que votre fille rentre de l’école.

Et maintenant, imaginez que vous recevez un appel téléphonique d’un inconnu, et que la voix de l’autre coté du fil vous annonce que la personne que vous attendez – la personne que vous aimez – est morte, parce qu’un enfoiré, un trou du cul conduisant une Audi a jugé que sa vie était moins importante que les quelques secondes qu’il pouvait gagner ou que la place de parking qu’il convoitait.

Alors, s’il vous plait, Cher Monsieur, merci de respecter la vie des autres. Un humain à vélo reste avant tout un humain.

Lettre ouverte d’un citoyen inquiet à l’administration en charge du traitement social du chômage

Publié le samedi 17 octobre 2009

Cher Monsieur Paul Emploi,

J’ai bien reçu votre courrier référencé et je vous en remercie. Il était important que je fusse informé de ma dette à votre égard afin que je puisse la réparer sans délai, ce que je fais avec soulagement en joignant à ce courrier le règlement, par chèque, de la somme demandée. Je ne suis pas homme à me complaire dans le fait de vivre aux dépends d’autrui, et, comme le dit le proverbe : « qui paie ses dettes s’enrichit ».

Si je prend la peine de reprendre ma plume, hélas par trop délaissée ces derniers temps, c’est pour m’étonner du ton de votre courrier, et surtout de l’état d’esprit dont il témoigne.

En effet, votre courrier commence par des formules plutôt peu amènes : « MISE EN DEMEURE AVANT POURSUITE », en lettres capitales, suivi de la mention « Un dossier nous a été transmis par notre agence pour engager, à votre encontre, une procédure judiciaire ». Diantre, quel forfait me reproche t-on, sur ce ton si sévère ?

Il s’avère que j’ai perçu en trop trois jours d’indemnités, ayant retrouvé du travail depuis le premier juillet de cette année, alors que j’ai été indemnisé jusqu’au 3 juillet. Je rappelle que mon employeur ayant, dans les temps, effectué une déclaration unique d’embauche, et qu’ayant moi même déclaré ma situation sur votre système en ligne, l’erreur vous incombe. Par ailleurs, il s’agit là du premier courrier que je reçois de votre part sur cette question, et une simple demande, formulée en termes plus courtois, aurait eu le même effet : je vous aurait rembourser la somme sans délai. Certes, à ma charge, j’aurais du vérifier que l’intégralité des sommes qui me furent versées m’étaient bien dues. Mais vous savez ce que c’est : quand on retrouve du travail, on a moins de temps pour faire toute sorte de choses. Il aurait bien sûr fallu que je calcule le montant exact des indemnités qui m’étaient dues, et que je compare ce montant à la somme qui m’a été versée par virement. Mais j’ai eu la faiblesse de vous faire confiance, et je ne me suis pas livré à cette vérification.

Au passage, il y a tout de même une bonne nouvelle : la France compte un chômeur de moins depuis le premier juillet. Je ne m’attendais certes pas à recevoir une lettre de félicitations, mais de là à être considéré d’emblée comme un justiciable, voilà qui me chagrine un peu.

Mais ce n’est pas mon cas personnel, ni cet incident, désormais clos puisque j’ai pu rembourser ma dette, qui m’incite à vous écrire. Ce qui m’inquiète, c’est plutôt la crise de confiance entre l’Etat et ses administrés, dont le ton utilisé dans votre courrier témoigne. De plus en plus, dans notre pays, il semble que l’administration voit derrière tout chômeur, tout Rmiste, ou tout bénéficiaire des allocations familiales un présumé fraudeur qu’il conviendrait de débusquer. En quelque sorte, traduit en termes juridiques, tout prévenu serait désormais présumé coupable jusqu’à ce qu’il soit en mesure de démontrer son innocence.

Avant d’être un chômeur, ce que je ne suis d’ailleurs plus, je suis avant tout un citoyen, responsable, conscient de ses droits et de ses devoirs vis à vis de la collectivité. Et il se trouve que je suis sensible aux questions relatives à la cohésion sociale de notre pays, à la confiance et au respect mutuel que se doivent les citoyens et les institutions représentantes de l’Etat.

Dénoncer et traquer la fraude est indispensable. Soupçonner, a priori, un fraudeur derrière chaque citoyen est insupportable, et ne peut que renforcer la fracture entre l’Etat, ses représentants, ses administrations, et les citoyens, fracture dont nous constatons chaque jour les effets désastreux.

Voir ce que je tenais à vous dire, Cher Monsieur Paul Emploi, en réponse à votre courrier.

Et, pour conclure, soyez certain que je reste convaincu du rôle indispensable qui est le votre, que je suis pleinement conscient de la difficulté de la charge qui vous incombe, dont vous vous acquittez avec courage et efficacité.

A ce titre je tiens à vous témoigner, à vous même comme à l’ensemble de vos agents, mon respect le plus sincère.

Emmanuel DELANNOY

L'avenir du vélo...

Publié le vendredi 2 octobre 2009

Une réalité, dès aujourd'hui, juste si vous voulez...

De bons souvenirs pour moi, ancien fidèle du salon de Germersheim quand j'habitait à Strasbourg, et participant aux championnats du Monde en 2006... Et des perspectives intéressantes pour tous... Le vélo ? Pas un sport extrême, contrairement à ce que la mésaventure des journalistes à la fin du reportage pourrait laisser croire, mais un moyen de transport efficace, rapide, pratique, confortable et économique. A condition juste d'adapter la monture à l'usage, et le style de "conduite" aux conditions : l'essentiel, c'est d'arriver, en forme, avec le sourire, n'est-ce pas ?

Alors, vélo couché, vélo pliant, vélo hollandais ou danois, roadster classique ou machine High Tech, chacun son style, mais on va dans le même sens, le bon, celui de transports individuels conviviaux, décarbonnés, respectant la ville et ses habitants, et s'intégrant au mieux dans la panoplie des transports "doux" : marche, bus, train, métro.