Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

L'économie expliquée aux humains

Publié le dimanche 27 novembre 2011

l'économie expliquée aux humains

"Homo sapiens, cher grand primate bipède doté de raison, c'est à vous que j'écris aujourd'hui. Je voudrais, avant d'aller plus loin et au risque de vous perturber, vous faire d'emblée cet aveu : je m'appelle Cerambyx cerdo, et je ne suis pas un être humain."

Cerambyx cerdo (dit aussi "Grand capricorne"), est un coléoptère protégé qui vit dans les vieux chênes. Cela faisait longtemps qu'il voulait nous parler, et il a beaucoup à nous dire.

Sur l'économie, l'intelligence collective, le biomimétisme, la fin du pétrole, les "services" rendus par la nature, l'écologie industrielle… – ce grand insecte venu de la nuit des temps renverse nos perspectives et nous initie à l'avenir.

Ce livre écrit par Emmanuel Delannoy, directeur d'INSPIRE, est une introduction, à la fois pédagogique et amusante, aux principaux courants de pensée qui, depuis quelques décennies, réinventent l'économie à l'ère de l'écologie.

"Étonnant, drôle, attachant – un livre qui donne à réfléchir et à rêver."
Robert Barbault, écologue, Muséum national d'histoire naturelle

Pour en savoir plus sur le livre

Refuser les voies de fait, chercher les voies de faire

Publié le vendredi 31 décembre 2010


Indignez vous ! Cet appel, lancé par Stéphane Hessel dans un petit livre au succès inattendu, comporte deux messages. Le premier, explicite, est qu’il existe aujourd’hui autant de raisons de s’indigner, même si elles sont différentes, que lorsqu’il décidait de rejoindre la résistance en 1940. Le second, implicite, est que l’indignation est indispensable si l’on veut restaurer la confiance en l’avenir. Par cette invitation à une « insurrection pacifique », Stéphane Hessel nous conjure de chercher, dans les ruines d’un système à bout de souffle, de nouvelles raisons d’espérer.

Indignation et confiance, insurrection pacifique : comment ne pas y retrouver cette belle idée de tension féconde, cette envie de faire rimer les contraires, de rechercher des associations inattendues. Pourquoi ne pas essayer, cette année, de faire rimer liberté et solidarité, d’associer audace et précaution, ambition et humilité, équilibre et mouvement, héritage et innovation radicale, souci de soi et altruisme.

Il y a tant à faire. Tant d’obstacles à franchir, tant de raisons de se décourager, tant de tentations d’abandonner en chemin. Les défis semblent considérables. Pourtant, nous avons, en chacun d’entre nous, le pouvoir d’agir, celui de faciliter et de favoriser la nécessaire transformation de nos sociétés, celui de raccourcir cette douloureuse transition que nous continuons, à tort, d’appeler du nom de crise.

En vaquant à nos activités, quelles qu’elles soient, en nous préoccupant légitimement de notre bien être, nous avons le pouvoir de nous comporter en butineurs, en passeurs de savoirs, en transmetteurs d’idées, tels les pollinisateurs qui fécondent inconsciemment les fleurs et répandent la vie à chacun de leurs voyage, à chacune des tâches qu’ils accomplissent, même s’ils le font d’abord pour eux même. Cet imperceptible changement de perspective, nous voir en pollinisateurs plus qu’en simples producteurs ou consommateurs, est d’une puissance que vous n’imaginez pas encore. Alors qu’en aucune manière cette façon de voir ne constitue une contrainte supplémentaire, elle ouvre des perspectives de choix inattendus, des horizons imprévus. Ce seul changement d’état d’esprit porte en lui les germes d’une nouvelle solidarité, l’émergence d’un nouvel art de vivre ensemble.

Ce nouvel art de vivre ensemble se trouve, peut-être, dans le concept récent de « solidarité écologique ». Il existe deux solidarités écologiques. Celle de fait : partageant une même origine avec tout ce qui vit sur Terre, nous en partageons aussi le destin. Cette vision, fondée sur des faits scientifique mais passive, et plutôt décourageante en cette période d’érosion de la biodiversité, doit être dépassée par l’ambition d’une solidarité écologique active : nous avons aujourd’hui le devoir, les capacités et les moyens d’agir pour une conservation, une restauration et un enrichissement du capital naturel. En agissant ainsi, nous jetterons les bases d’une nouvelle alliance entre humains, au sein de la société, et entre vivants humains et non humains, au sein de la biosphère. Cette belle idée, porteuse d’espoir, ouvre la voie vers ce « post-néolithique », cette nouvelle ère dans les relations entre l’homme et la nature, ou la réciprocité succèdera à l’exploitation, ou l’accompagnement succèdera à la domination, ou le ménagement succèdera à la maîtrise, et l’humilité succèdera à l’arrogance.

En nous invitant à « Penser comme une montagne », Aldo Léopold jetait, dès 1949, les bases de cette nouvelle solidarité écologique. Naïf ? Non. Plus que jamais d’actualité.

Après l’année internationale de la biodiversité, 2011 sera l’année internationale de la forêt. Quelle belle invitation à nous promener dans les bois, à y rechercher le simple plaisir de la proximité avec les êtres qui y vivent, à « penser comme une forêt » et y puiser l’inspiration de futurs désirables, et la force de les bâtir ensemble.

Bonne année 2011 !


[1] « Indignez-vous » – Stéphane Hessel, Editions Indigène 2010
[2] Sur le concept de solidarité écologique, voir notamment :
http://www.parcsnationaux.fr/Chercher-Etudier-Agir/Etudes/Etude-INEA-200

Recyclage(s)

Publié le jeudi 18 novembre 2010

« Je voudrais une idée neuve du jour, bien fraiche et pas trop cuite ! »
Anton Ego*

S’il y a bien un domaine où le recyclage fonctionne, c’est en politique. Hélas, ce qui est bon pour le fer, le verre ou le plastique n’est alors plus qu’un triste palliatif au manque d’imagination, voire un dramatique révélateur du désarroi d’une partie de nos élites.

Passons sur le fait que le mouvement issu de la fusion des Verts et d’Europe Ecologie s’appelle… « Les Verts – Europe Ecologie ». L’ajout du trait d’union change tout. Souhaitons lui bonne chance. La séance de brainstorming pour trouver un nom est reportée à plus tard.

Le Parti Socialiste, lui, dévoile son nouveau slogan : « L’égalité vraie ». Pas mal. Pas radicalement innovant. On pourrait lui proposer « Liberté, égalité, fraternité ». Pas franchement nouveau non plus, mais c’est du robuste. Un slogan bâti pour durer. Et comme on s’est toujours arrêté en chemin, on ne peut pas dire que l’idée soit usée.

Et pour terminer en apothéose ce panorama du paysage politique français, le re(ma)niement du dernier Week End dernier explose tous les records d’imagination débridée : 8 mois d’attente pour un retour en arrière de 4 ans ! Exit le pacte écologique. Au delà des hommes, on recycle avant tout les idées d’avant 2007. Celles d’avant le pacte écologique, celles d’avant le Grenelle, celles d’avant l’ouverture, celles d’avant la crise.

Remarquez qu’il ne s’agit en aucun cas d’une exception française. Outre Atlantique, le « Tea Party » s’inspire explicitement d’un mouvement du XVIIIème siècle motivé principalement sur le désir de payer moins d’impôts… Voilà une bonne idée qu’on n’est pas prêt d’épuiser !

Mais puisque nous sommes, qu’on le veuille ou non, déjà entrés – trop tôt, bien trop tôt – en précampagne, la vraie question serait peut-être de se demander ce qui pourrait bien faire revenir aux urnes les abstentionnistes et ce qui pourrait bien inciter les potentiels « primo-votants » à s’inscrire sur les listes électorales. Et je ne suis pas sûr qu’on y arrive comme ça.

Pourtant, les sources d’inspiration ne devraient pas manquer : la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui notre civilisation et son économie mondialisée est inédite. Les équilibres se défont. La relative et cynique « stabilité » du monde est menacée. Un modèle de croissance « fainéant », basé sur la seule extraction de ressources exhaustibles dans le sous-sol, touche à sa fin. Et ce ne sont pas non plus les idées neuves qui manquent : il faut parfois juste sortir un peu des sentiers battus pour les dénicher. La démocratie écologique, celle qui permettra de concilier bien être humain à court terme et enjeux de long terme, reste à inventer. L’économie de l’après pétrole, de l’après charbon, de l’après acier est à peine conceptualisée. Celle de l’après croissance se dessine tout juste, merci à Tim Jackson.

Alors peut-être faudrait-il, à l’instar des mouvements « Slow food » ou « Slow cities », inciter nos élites à faire un peu de « Slow politics ». Leur suggérer de sortir du rythme infernal des effets d’annonces et du terrain médiatique qu’il faut à tout prix occuper, pour prendre le temps de réfléchir, de concerter, et de faire émerger ces « utopies concrètes », celles qui n’ont jamais été essayées, dont nous aurions tant besoin.


(Oui, je sais, je devrais avoir honte de mes références : Anton Ego est un chronique gastronomique intransigeant, et son existence ne doit qu’à l’imagination des scénaristes du dessin animé… « Ratatouille ». )

Le premier numéro de la lettre "EXAPTATIONS" est sorti...

Publié le vendredi 3 septembre 2010

L’exaptation est un concept utilisé en biologie de l’évolution. Pour faire face aux changements de leur environnement, les organismes vivants ont deux possibilités. La première consiste à s’adapter, en modifiant leur apparence, leur métabolisme, ou leur comportement. Si cette réponse est la plus connue, elle n’est possible qu’à travers un processus lent et graduel. La seconde se trouve dans l’exaptation, qui consiste à utiliser autrement, ou pour une autre fonction, un organe ou un atout préexistant. Exemple: les "poissons" qui sont sortis les premiers de l’eau pour conquérir les continents n’ont pas vu des pattes leur pousser un beau matin. Ils n’ont pas non plus commencé à ramper sur leurs nageoires, qui auraient été des organes bien inadaptés pour se déplacer sur la terre ferme. Non:des pattes, ils en avaient depuis longtemps, mais elles leur servaient à se déplacer au fond de l’eau puisque tel était leur mode de vie et leur niche écologique. L’exaptation est souvent avancée par les paléontologues pour expliquer ce qu’on appelle des "sauts évolutifs", sortes d’accélérations brutales dans l’évolution du vivant.

Aujourd’hui, dans un contexte d’épuisement rapide des ressources naturelles et de dégradation inquiétante des services rendus par les écosystèmes, nous avons besoin d’une évolution rapide de nos modes de productions et de consommation.

Lire la suite...

L'édito : "Entrons dans le "post-néolithique" :

« Un autre monde est possible », scandaient à l’unisson les altermondialistes. C’était il y a à peine quelques années, cela nous semble aujourd’hui une éternité, tant tout s’accélère. Comme ils se trompaient…

Ils se trompaient car la formule qui conviendrait serait plutôt : « Un autre monde est certain ». Le monde, tel que nous l’avons connu, touche à sa fin. La seule question qui reste ouverte, c’est celle de savoir si nous saurons à temps nous entendre sur l’essentiel pour choisir ce que nous en ferons, ou si nous devrons nous résigner, par défaut, à subir ce qu’il sera.

Reconnaître les limites physiques et écologiques de la biosphère ne constitue pas une capitulation ni un recul de la pensée, encore moins une dévalorisation de l’humain. Mais continuer à croire que nous pouvons tout maîtriser, tout domestiquer (y compris l’Homme ?) serait une dangereuse illusion. Hubert Reeves aime ouvrir ses conférences par la phrase suivante : « Nous menons une guerre contre la nature, si nous la gagnons, nous sommes perdus ».

En écho à cette citation, François Letourneux nous invite, en épilogue d’un concis mais remarquable ouvrage*, à passer au « postnéolithique ». Lorsque nous y serons parvenus, il y aura alors eu, dans l’histoire des relations entre l’Homme et la nature, trois époques fondamentalement différentes :

Lire la suite...

Pour s'abonner gratuitement à l'infolettre "EXAPTATIONS", cliquez ici...

Pour lire les archives, cliquez ici...

Dérives

Publié le mardi 24 août 2010

Dans l'antiquité, on divertissait le peuple avec du pain et des jeux. De nos jours, on le détourne de l'essentiel avec des roms, des faits divers et la peur de l'autre... Plus que jamais, "la maison brûle et nous regardons ailleurs".

Dériver, les marins ne me contrediront pas, c’est se laisser porter, au grès du vent ou des courants, au risque d’en perdre son cap, ou tout au moins de s’en éloigner.

Dans son discours à l’issue des tables rondes du Grenelle de l’environnement le chef de l’Etat avait fixé un cap clair, défini les priorités. En mettant en œuvre une politique environnementale ambitieuse, un véritable « Green new deal », la France affirmait clairement son ambition et sa volonté d’être exemplaire sur la scène internationale. Avant ce discours, des représentants d’ONG, de syndicats, d’employeurs, d’élus ou de l’Etat ont travaillé plusieurs mois d’arrache pied, taisant leurs divergences politiques pour élaborer ensemble le meilleur compromis acceptable par tous, et bâtir une vision partagée d’un futur souhaitable. Pendant ces mois là, les nuits étaient courtes, les réunions nombreuses, et les nombreux bénévoles impliqués n’ont pas ménagé leur peine. Parmi ceux là, inutile de dire qu’un certain nombre, pour ne pas dire un nombre certain, n’avaient pas voté pour Nicolas Sarkozy. Mais ils ont pris sur eux : l’intérêt général et la nécessité d’agir valaient bien que l’ont laissât troubles, doutes et états d’âmes au vestiaire…

Nous étions au début du quinquennat.

Depuis, pour tenter de reconquérir son électorat le plus à droite, et dans l’espoir vain d’attirer une partie des électeurs du Front National, Nicolas Sarkozy et son gouvernement multiplient, avec un art consommé, les diversions, les contre feux, et, il faut bien le dire, ce qui ressemble de plus en plus à des dérives, dans tous les sens du terme.

Ce qui était, en octobre 2007 la priorité des priorité, à savoir la sortie de la crise écologique et la mise sur pied d’une croissance verte susceptible de créer des emplois pour tous, semble être tombé bien bas, aujourd’hui, dans le rang des priorités.

Que pèse t-elle aujourd’hui, cette « croissance verte », face à la surenchère quotidienne sur les questions de sécurité, l’amalgame fait entre immigration et délinquance, la stigmatisation de certaines communautés ? Fallait-il à ce point créer un climat de peur, où le danger c’est l’autre, l’étranger, celui qui est différent, alors que ce siècle qui commence a besoin, plus que jamais, d’une mobilisation de la société dans son ensemble pour affronter les mutations les plus radicales que nos sociétés industrielles aient jamais eu à affronter ?

Bien sûr, toutes ces questions ne sont pas sur le même plan. Mais la mobilisation générale nécessaire a tout à perdre d’un climat de défiance généralisée. Et le cap semblera d’autant plus lointain et inaccessible (alors qu’il l’est, il faut le marteler !), si des diversions toutes plus irrationnelles les unes que les autres sont sans cesse mise en travers du chemin, pour des raisons électoralistes de court terme.

Pour autant, et parce que nous ne pouvons pas nous permettre de réinventer la roue tous les 5 ans, il est indispensable de capitaliser sur le travail accompli, il est vital de faire vivre la somme considérable de contacts, de propositions et de pistes d’actions élaborées en commun depuis 2007. Ne serait-ce que pour cela, et quelque soit la suite des événements avant et après 2012, le Grenelle de l’environnement doit continuer. Même si, aujourd’hui, le cœur n’y est plus.

Quelques chroniques, ailleurs...

Publié le vendredi 12 février 2010

Il m'arrive parfois d'écrire pour d'autres sites. Butinage...

- Wild Projet : Pour une économie au service du vivant (reprise de mes chroniques pour Radio Grenouille)
- Terra Economica
- INSPIRE, bien sûr, ...
- Et encore, ...

Où il est question de biodiversité, d'économie circulaire, d'économie de fonctionnalité, de capitalisme naturel, de biomimétisme, de rois et de reines et de ratons laveurs...

Bienvenue en terre inconnue

Publié le vendredi 1 janvier 2010

Non, ne jalousez plus les « peoples » qui partent au bout du monde aux frais de la princesse. Ne les jalousez plus car, nous aussi, nous tous, nous entrons en terre inconnue. Nous entrons dans un monde dont nul ne sait de quoi il sera fait. La fin des années 80 n'avait plus laissé qu'une hyperpuissance, nous faisant basculer d'un monde bipolaire vers un monde unipolaire. Mais cette hyperpuissance, endettée, essoufflée, contestée, l'est elle encore vraiment ? Et pour combien de temps ? L'Europe reste encore une ébauche qui pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. Où seront les grandes puissances de demain ? Vers quels nouveaux grands équilibres - ou désordres - géopolitiques et économiques allons nous ? De quoi sera faite la richesse ? Les cartes sont redistribuées. On ne sait pas encore qui détient les atouts, mais on commence à deviner qui ne les détient plus, ou en tout cas qui en perd le monopole

Quel sera le climat - quel temps ferons nous - sur cette terre inconnue ? Nous pouvons encore décider. Mais la vérité est qu'aujourd'hui, nous n'y parvenons pas, tétanisés que nous sommes par les conséquences possibles, difficiles à évaluer, de décisions qui s'imposent pourtant. Nous devons sauter dans l'inconnu, et nous n'osons pas1. Au risque d'oublier que ne pas décider, c'est aussi une manière de décider, par défaut. Et nous ne maîtrisons pas plus les conséquences de cette absence de décision. Quelles espèces vivantes, parmi les dizaines de millions qui peuplent la terre aujourd'hui- alors même que nous n'en connaissons qu'une fraction infime - s'adapteront à ce monde inconnu ? Lesquelles perdrons nous en chemin ? Cette biodiversité que nous nous apprêtons à célébrer en 2010, allons nous enfin l'accepter pour ce qu'elle est, et comprendre quelle est notre place en son sein ? Reconnaître avec humilité que nous n'en sommes pas les maîtres, mais des « compagnons de voyage », comme le dit Hubert Reeves ? L'intelligence, la conscience qui nous distingue des autres espèces, et l'orgueil que nous en tirons, nous en empêche encore. Mais nous pourrions tout aussi bien nous en réjouir, et assumer la responsabilité bien spécifique qui en découle.

Avec quelles ressources, dans ce monde inconnu, fabriquerons nous nos objets du quotidien, avec quelle énergie allons nous nous chauffer, nous déplacer, nous éclairer, quand nous aurons extrait de la croûte terrestre sinon la totalité, du moins la fraction la plus facilement accessible de ce qu'elle recelait ?

En terre inconnue ? Mais ne l'est elle pas seulement parce que nous ne savons pas où nous voulons aller ?

Et après tout, y a t-il lieu de pleurer cet ancien monde que nous nous apprêtons à quitter ? Et faut-il vraiment déplorer ce brouillard d'incertitude qui nous enveloppe ?

Faut il regretter ce monde d'injustice, d'inégalité, de gaspillage. Ce monde où la cupidité est érigée au rang de vertu, où l'argent tient lieu de seul repère. Ce monde où le pouvoir ne se conquiert qu'à la seule fin de tenter de le conserver à tout prix. Quand à l'incertitude, faut il la craindre, ou pouvons nous tenter de l'envisager comme une matière brouillonne, comme une glaise informe que nous pouvons façonner... Mais en forme de quoi, au fait ?

Ah, oui. Bien sûr, il nous faut un projet. C'est peut être finalement ça qui nous manque le plus : un projet. Nous n'avons plus ni dogme ni idéologie pour nous éclairer. Nous avons essayé, puis épuisé, celles du XIXème et du XXème siècle. Nous sommes désemparés. Les choses étaient si simples quand nous n'avions qu'à aller là où on nous disait d'aller. Mais si nous n'avons plus ces fausses certitudes pour nous éclairer, nous sommes libres d'inventer, de débattre, de choisir. Il y a des urgences, certes. Des rendez-vous à ne pas manquer. Mais prenons le temps du grand inventaire. Tout n'est pas à jeter dans cet ancien monde, à commencer par les idéaux humanistes si lentement mûris, si chèrement conquis. C'est d'une nouvelle forme de démocratie dont nous avons besoin. En prise avec le réel, capable de répondre aux enjeux de court terme comme de long terme, porteuse d'un nouvel élan de solidarité.

Prenons le temps de cet exercice : imaginons ensemble ce futur souhaitable et désirable, que nous voulons pour nous mêmes et pour nos enfants. Puis, sur cette vision partagée, concevons et mettons en œuvre les outils qui nous permettrons d'avancer. Avec humilité, avec passion, et, oserais-je l'écrire, avec amour.

Bonne année.

Emmanuel DELANNOY




1 Il a été démontré que, lors d’un naufrage, les passagers ne se précipitent pas vers les radeaux dès l'annonce de l'accident, mais attendent le dernier moment, comme si une intervention extérieure allait inverser l’inéluctable. C'est une illustration de ce que Jean-Pierre Dupuy résume par cette formule : "Nous savons mais ne voulons pas croire ce que nous savons".

Vous n'imaginez pas tout ce que la bicyclette peut faire pour vous...

Publié le mardi 29 décembre 2009

Superbe ! On regarde, on écoute, on jubile...



Ce qui me plait particulièrement dans cette vidéo, c'est que faire du vélo est la chose la plus naturelle qui soit : on fait du vélo habillé comme on est, avec ce qu'on a a emporter, tout est simple, aussi simple que de marcher.
D'ailleurs, personne n'a de casque : vous en mettez un, pour marcher, vous ?

Je n'entends ici que des excuses : faire du vélo c'est fatiguant, c'est salissant, c'est dangereux, je suis trop vieux, j'ai les enfants à accompagner à l'école, les courses à faire en rentrant du travail, ma guitare en trimballer, etc...

Rien de tout ça ici. C'est normal, rien de plus. Et ce qui est sur, c'est que tous ces gens seraient "diminués" sans leur vélos. Il leur manquerait quelque chose. Avec, il sont beaux, ils sont légers, ils sont libres.

Réorienter l'économie en imitant la nature

Publié le lundi 21 décembre 2009

L'institut INSPIRE, la SERE et l'Institut Océanographique Paul Ricard ont le plaisir de vous inviter au prochain mardi de l'environnement sur le thème :

REORIENTER L'ECONOMIE EN IMITANT LA NATURE

Bio-mimétisme, écologie industrielle, économie circulaire, solidaire, durable... tous ces concepts s'inspirent du vivant et entrent dans le cadre d'une nouvelle démarche visant à réhabiliter le vivant et à introduire ses fonctionnalités dans les modèles de développement. Que faut-il en penser ?

Mardi 5 Janvier 2010 de 19h précises à 21h

Fondation d'entreprise Ricard

12 rue Boissy d'Anglas

75008 Paris - Métro- Parking Concorde ou Madeleine

Votre inscription préalable est nécessaire par e-mail : mpc@s-e-r-e.com

Vous trouvez le détail du programme et des intervenants dans le communiqué à télécharger ici.

Refuser les certitudes pour choisir la raison

Publié le lundi 14 décembre 2009

Et si le choix le plus critique, le plus structurant, le plus déterminant pour notre avenir n’était pas là où on le croit ? Et s’il passait inaperçu faute d’être explicité et ouvertement débattu ?

S’agit-il seulement de choisir entre droite et gauche, entre écologistes et « éco-sceptiques », entre « croissante verte » ou décroissance, entre adaptation au changement climatique ou réduction des gaz à effet de serre ? Bien sûr, ces débats là sont importants. Mais il me semble qu’aujourd’hui la ligne de partage fondamentale est celle qui se dessine entre ces deux options :

La première est celle qui consisterait à rechercher la maîtrise la plus absolue de notre environnement, à réduire l’incertitude au maximum et à maîtriser notre destin. Nous sommes là en plein dans l’héritage du néopositivisme du XIXème siècle, dont l’avatar contemporain est parfois dénommé « scientisme ».

Rassurant en apparence. Plus de risque, plus de plongée dans l’inconnu. Marchons, marchons, d’un pas sûr et déterminé, vers le meilleur des mondes…

L’autre est celle qui, au contraire, nous conduirait à accepter le monde tel qu’il est, dans son infinie complexité, avec toutes les incertitudes que cela implique. Cette posture là implique une grande modestie. Elle nous amène à reconnaître que la maîtrise de la biosphère nous est définitivement hors de portée. (Ce que l’échec de l’expérience « Biosphère II », en 1994, tendrait à démontrer). En renonçant au rêve cartésien d’une humanité asservissant la nature, nous retrouverions alors une vérité profonde, que nous avons tant refoulé : Il n’existe pas d’un coté, l’homme, et de l’autre coté, la nature, mais une biosphère, au sein de laquelle co-évoluent des organismes vivants humains et non humains. Et c’est entre ces vivants humains et non humains qu’une nouvelle alliance doit aujourd’hui se dessiner. Loin d’une quelconque « écologie profonde » reléguant l’espèce humaine au rang des autres espèces, il s’agit au contraire d’une nouvelle vision de l’humanité, réconciliée avec elle même et consciente de sa vraie nature.

Ce débat là reste confiné au sein d’un cercle restreint d’initiés, qui, selon leurs orientations, préfèrent avancer masqués, ou peinent à rendre les enjeux lisibles. Il est urgent de l’inscrire ouvertement dans le champ démocratique.

Car, loin d’être théorique, il permet d’éclairer bien des choix : maîtriser le climat, stocker le CO2 par exemple, ou passer d’urgence à l’économie de l’après pétrole. Dessaler l’eau de mer, forer de plus en plus profond, ou mettre en place une véritable stratégie d’utilisation rationnelle de l’eau. Compter sur la technologie pour dépolluer, ou concevoir d’autres modes de production et de consommation pour ne plus polluer. Installer une nouvelle centrale de traitement des eaux, ou restaurer l’écosystème du bassin versant en reboisant, en restaurant les zones humides et en modifiant les pratiques agricoles.

Avec une grosse surprise à la clé : dans bien des cas, le choix le plus rationnel sur le plan économique n’est pas celui que l’on croit… Est-ce là ce qu’on appelle une stratégie « sans regrets » ?

Chronique publiée initialement ici !

Copenhague : n’oublions pas la biodiversité !

Publié le lundi 14 décembre 2009

Curieusement, le grand absent du débat sur le changement climatique, c’est la biodiversité. Et quelle absence ! Oserais-je écrire qu’après tout, si le changement climatique est préoccupant, c’est avant tout parce qu’il perturbe profondément, et à un rythme jamais atteint depuis que sapiens a pris ses quartiers sur terre, l’ensemble du tissu vivant de la planète. En théorie, nous pourrions, nous, nous adapter à un changement de quelques degrés : par exemple en reconsidérant l’urbanisme ou l’architecture de nos bâtiments. Mais les écosystèmes, et les espèces qui les constituent, devront pour s’adapter modifier en profondeur leurs comportements, évoluer au plan génétique, ou encore migrer, ce qui prendra nécessairement un peu de temps. C’est à une vaste reconfiguration des écosystèmes que nous assistons, avec son cortège de conséquences imprévues.

Toutes les espèces ne sont pas égales face au changement climatique. Leurs potentiels d’évolution et leurs cycles biologiques varient selon les effectifs, la longévité ou le mode de reproduction. C’est ainsi que certains insectes, qui ont des cycles reproductifs rapides, s’adaptent plus vite que les oiseaux qui s’en nourrissent. Conséquences : prolifération des chenilles au mauvais moment, et pénurie alimentaire pour les oisillons, qui auront eu le tort de naître juste un peu trop tard…

Nous connaissons les causes de l’érosion de la biodiversité : Artificialisation et destruction des habitats naturels, fragmentation des écosystèmes, dissémination d’espèces invasives, pollutions, prélèvements excessifs. Et bien sûr le changement climatique, facteur aggravant universel. Mais nous sommes nous posé la question de savoir dans quelle mesure nos stratégies adaptatives seront favorables ou défavorables à la biodiversité ?

Les espèces vont devoir se déplacer et circuler librement : c’est le sens du projet de trame « verte et bleue ». Mais ne risquons nous pas, par certaines adaptations qui nous seraient favorables à court terme, de créer de nouvelles ruptures écologiques, par exemple pour produire de l’énergie à partir de biomasse ou de vastes fermes solaires, ou à travers une densification de certaines zones urbaines, ou encore via une modification des cultures ?

Analyser le changement climatique avec pour seuls paramètres la température et la concentration atmosphérique de CO2 ou de méthane, c’est un peu court. Une approche systémique est indispensable pour éclairer les choix politiques locaux et globaux, intégrant les écosystèmes, l’homme et ses activités, pour comprendre les effets combinés des stratégies d’adaptation des êtres vivants, humains et non humains.

Nous commettrions une erreur fondamentale en oubliant la biodiversité. Elle est notre meilleure alliée pour limiter l’ampleur du changement climatique et nous adapter à ses conséquences. Elle est notre assurance vie face à cet inconnu vers lequel nous fonçons.

(Reprise d'une de mes chroniques sur Terra-economica.info, ici)

Humanité et biodiversité, manifeste pour une nouvelle alliance

Publié le mardi 24 novembre 2009

La ligue ROC et l'Institut INSPIRE sont heureux de vous convier à une présentation de l'ouvrage collectif intitulé "Humanité et biodiversité - Manifeste pour une nouvelle alliance".

le mercredi 9 décembre 2009

de 17h30 à 19h

Salle de projection du Forum de l’Arbois

Domaine Petit Arbois – RD 543 - Aix-en-Provence

(plan d’accès)

Humanisme et biodiversitéÀ la veille de 2010, année internationale de la biodiversité, cet ouvrage est une contribution au débat sur une question vitale pour notre avenir : comment stopper l'érosion de la biodiversité dont nous sommes parties et dont nous dépendons ?

L'enjeu n'est plus seulement de mener une politique en faveur du patrimoine naturel, fût-elle exemplaire, il est d'intégrer la biodiversité dans toutes les politiques.

Le manifeste réunit des textes d’auteurs venus de différents horizons (scientifiques, juristes, experts, militants associatifs…) pour traiter de la biodiversité dans différents champs de la société (économie, santé, recherche …). Une présentation thématique en sera faite.

Logo Ligue ROC2010 doit être un nouveau départ, l'année où la lutte contre l'érosion de la biodiversité rejoint celle contre le réchauffement climatique, l'année où la prise de conscience se traduit en actes.


La vie des autres...

Publié le dimanche 18 octobre 2009

Traduction librement adaptée d’une lettre lue en anglais ici

Cher Monsieur,

Nous nous sommes rencontré cet après midi, dans les quartiers sud de la ville. J’étais à vélo, sous la pluie, et vous conduisiez ce 4x4 Audi bleu, me serrant par l’arrière, klaxonnant, essayant de me faire sortir de la piste cyclable avant de me doubler en me serrant, pour finalement me faire une queue de poisson en tournant à droite.

Vous avez refusé de baisser votre vitre pour m’adresser la parole après cet incident, m’obligeant à crier : « votre comportement est inadmissible, vous êtes hors la loi ! », à travers votre vitre ruisselante, avant de repartir au plus vite. Et, effectivement, ce que vous avez fait est contraire à la loi – tant à celles qui régissent le code de la route qu’à celles, non écrites, qui prescrivent un minimum de décence dans les relations entre humains. Mais ce que j’avais à vous dire est à la fois moins accusateur, et beaucoup plus important. Voici ce que j’aurais aimé avoir le temps de vous dire :

Je suis bien placé pour savoir que les pistes cyclables ne sont qu’un compromis imparfait. Vous aurez peut être du mal à le croire, mais les cyclistes n’aiment pas plus partager la route avec les voitures que vous avec eux. Si j’avais le choix entre respirer vos gaz d’échappement et pédaler tranquillement sur une jolie route forestière, je choisirai sans hésiter la seconde option.

Je suis bien conscient, par ailleurs, que la présence de cyclistes sur des routes encombrées peut rendre la conduite d'une voiture encore plus rude pour les nerfs, et je déplore au passage que certains des nôtres surcompensent leur faiblesse relative en désobéissant aux règles du codes de la route, en ne respectant pas les feux, et en agissant d’une manière générale comme s’ils étaient propriétaires de la route (ce n’est pas le comportement que j’ai choisi personnellement, mais c’est de toute façon un point accessoire pour ce que j’ai à vous dire). Dans une certaine mesure, toute relative, je peux comprendre votre énervement. Après tout, j’ai moi aussi une voiture, même si je n’en suis pas particulièrement fier et si j’évite au maximum de l’utiliser en ville.

Mais voilà, tous les cyclistes ne sont pas à Amsterdam, et il faudra bien vous faire à l’idée de partager la route. Car le fait est là : Vous êtes dans une voiture. Moi pas. Vous êtes protégé des chocs par des airbags, des pare-chocs, une carrosserie en acier. Moi pas. Vous pilotez une masse d’une tonne et demi d’acier. Je pilote quelque chose qui pèse en tout et pour tout le poids d’un chien, et encore, pas un bien gros…

Et si votre énervement venait à gagner d’un cran, et que vous souhaitiez engager le combat avec moi, il ne fait aucun doute que vous gagneriez.

Vous vaincrez, et, selon toute vraisemblance, je serais mort.

Voilà ce que je tenais à vous dire : vous n’aimez peut être pas les cyclistes, tant pis. Mais vous avez une responsabilité en tant qu’être humain vis à vis des autres êtres humains. Et je ne cesse pas d’être humain dès que je m’élance sur mon vélo. Je suis la femme de quelqu’un, la sœur de quelqu’un, la fille de quelqu’un, et peut être la mère d’un jeune enfant.

Et si vous avez vous même – une épouse, une fille, une mère – s’il vous plait : pensez à elles, et imaginez…

Imaginez que vous êtes en route pour un déjeuner avec votre épouse. Imaginez que vous attendez à la maison que votre fille rentre de l’école.

Et maintenant, imaginez que vous recevez un appel téléphonique d’un inconnu, et que la voix de l’autre coté du fil vous annonce que la personne que vous attendez – la personne que vous aimez – est morte, parce qu’un enfoiré, un trou du cul conduisant une Audi a jugé que sa vie était moins importante que les quelques secondes qu’il pouvait gagner ou que la place de parking qu’il convoitait.

Alors, s’il vous plait, Cher Monsieur, merci de respecter la vie des autres. Un humain à vélo reste avant tout un humain.

Lettre ouverte d’un citoyen inquiet à l’administration en charge du traitement social du chômage

Publié le samedi 17 octobre 2009

Cher Monsieur Paul Emploi,

J’ai bien reçu votre courrier référencé et je vous en remercie. Il était important que je fusse informé de ma dette à votre égard afin que je puisse la réparer sans délai, ce que je fais avec soulagement en joignant à ce courrier le règlement, par chèque, de la somme demandée. Je ne suis pas homme à me complaire dans le fait de vivre aux dépends d’autrui, et, comme le dit le proverbe : « qui paie ses dettes s’enrichit ».

Si je prend la peine de reprendre ma plume, hélas par trop délaissée ces derniers temps, c’est pour m’étonner du ton de votre courrier, et surtout de l’état d’esprit dont il témoigne.

En effet, votre courrier commence par des formules plutôt peu amènes : « MISE EN DEMEURE AVANT POURSUITE », en lettres capitales, suivi de la mention « Un dossier nous a été transmis par notre agence pour engager, à votre encontre, une procédure judiciaire ». Diantre, quel forfait me reproche t-on, sur ce ton si sévère ?

Il s’avère que j’ai perçu en trop trois jours d’indemnités, ayant retrouvé du travail depuis le premier juillet de cette année, alors que j’ai été indemnisé jusqu’au 3 juillet. Je rappelle que mon employeur ayant, dans les temps, effectué une déclaration unique d’embauche, et qu’ayant moi même déclaré ma situation sur votre système en ligne, l’erreur vous incombe. Par ailleurs, il s’agit là du premier courrier que je reçois de votre part sur cette question, et une simple demande, formulée en termes plus courtois, aurait eu le même effet : je vous aurait rembourser la somme sans délai. Certes, à ma charge, j’aurais du vérifier que l’intégralité des sommes qui me furent versées m’étaient bien dues. Mais vous savez ce que c’est : quand on retrouve du travail, on a moins de temps pour faire toute sorte de choses. Il aurait bien sûr fallu que je calcule le montant exact des indemnités qui m’étaient dues, et que je compare ce montant à la somme qui m’a été versée par virement. Mais j’ai eu la faiblesse de vous faire confiance, et je ne me suis pas livré à cette vérification.

Au passage, il y a tout de même une bonne nouvelle : la France compte un chômeur de moins depuis le premier juillet. Je ne m’attendais certes pas à recevoir une lettre de félicitations, mais de là à être considéré d’emblée comme un justiciable, voilà qui me chagrine un peu.

Mais ce n’est pas mon cas personnel, ni cet incident, désormais clos puisque j’ai pu rembourser ma dette, qui m’incite à vous écrire. Ce qui m’inquiète, c’est plutôt la crise de confiance entre l’Etat et ses administrés, dont le ton utilisé dans votre courrier témoigne. De plus en plus, dans notre pays, il semble que l’administration voit derrière tout chômeur, tout Rmiste, ou tout bénéficiaire des allocations familiales un présumé fraudeur qu’il conviendrait de débusquer. En quelque sorte, traduit en termes juridiques, tout prévenu serait désormais présumé coupable jusqu’à ce qu’il soit en mesure de démontrer son innocence.

Avant d’être un chômeur, ce que je ne suis d’ailleurs plus, je suis avant tout un citoyen, responsable, conscient de ses droits et de ses devoirs vis à vis de la collectivité. Et il se trouve que je suis sensible aux questions relatives à la cohésion sociale de notre pays, à la confiance et au respect mutuel que se doivent les citoyens et les institutions représentantes de l’Etat.

Dénoncer et traquer la fraude est indispensable. Soupçonner, a priori, un fraudeur derrière chaque citoyen est insupportable, et ne peut que renforcer la fracture entre l’Etat, ses représentants, ses administrations, et les citoyens, fracture dont nous constatons chaque jour les effets désastreux.

Voir ce que je tenais à vous dire, Cher Monsieur Paul Emploi, en réponse à votre courrier.

Et, pour conclure, soyez certain que je reste convaincu du rôle indispensable qui est le votre, que je suis pleinement conscient de la difficulté de la charge qui vous incombe, dont vous vous acquittez avec courage et efficacité.

A ce titre je tiens à vous témoigner, à vous même comme à l’ensemble de vos agents, mon respect le plus sincère.

Emmanuel DELANNOY

L'avenir du vélo...

Publié le vendredi 2 octobre 2009

Une réalité, dès aujourd'hui, juste si vous voulez...

De bons souvenirs pour moi, ancien fidèle du salon de Germersheim quand j'habitait à Strasbourg, et participant aux championnats du Monde en 2006... Et des perspectives intéressantes pour tous... Le vélo ? Pas un sport extrême, contrairement à ce que la mésaventure des journalistes à la fin du reportage pourrait laisser croire, mais un moyen de transport efficace, rapide, pratique, confortable et économique. A condition juste d'adapter la monture à l'usage, et le style de "conduite" aux conditions : l'essentiel, c'est d'arriver, en forme, avec le sourire, n'est-ce pas ?

Alors, vélo couché, vélo pliant, vélo hollandais ou danois, roadster classique ou machine High Tech, chacun son style, mais on va dans le même sens, le bon, celui de transports individuels conviviaux, décarbonnés, respectant la ville et ses habitants, et s'intégrant au mieux dans la panoplie des transports "doux" : marche, bus, train, métro.